Janvier 2014

 

 

Le Vrai Bulletin

    de liaison d’Apliutsuite

groupe des retraités de l’APLIUT

                                                N° 26 janvier 2014

 

 

Sommaire

        

         Editorial                                                    Jacques Kuhnlé

         Programme du voyage  à Piriac             Jacques Kuhnlé

 Apliusuite chez les Bretons          Monique Fauré

La Bretagne                                              Michel Habert

Piriac-sur-Mer                                          Michel Hiscock

Une drôle de sortie en mer                    Pierre Watiez

         Note salée pour le colonel                     Joseph Rzemien

         Objets perdus                                          Jacqueline Thomas

         Recette du far                                          Jacqueline Thomas

Recette du cake aux fruits                      Nicole Kuhnlé

         Liste des destinataires

 

 

 

 

Programme prévu du Voyage Apliutsuite à Piriac/Mer 2013

Lundi 30 septembre  Départ 9h15

 10h : Saillé : maison des paludiers (1 heure) 4.80€

11h30 :Batz/mer le grand blockhaus (1 heure30’ ; 7€+1 guidée)

Le Croisic pique-nique

14h30 Guérande, petit train 6€, 1 heure ;  visite guidée : 5€ (1 heure) 5.50€ (1h30’) 6€ (2 heures)                                                                                                                                     50km

 

Mardi 1 octobre   Départ 9h15 :

La Baule,  libre

Pornichet

14h30 : Marais de la Brière, Kerhinet vélos, barque, calèche (8€ ou 14€ combiné barque+ calèche)

Eglise de St Lyphard,  clocher 3.50€                                                                        70km                                                                                                                                                     

 

Mercredi 2  Départ 9h15

 St Nazaire : 10h chantiers de l’Atlantique (Escalatlantic) 7€ visite 1h30/2heures

Sousmarin Espadon : 5€, 30’

Ecomusée

La Turballe, port de pêche                                                                                       70km                                                                                                                                                             

 

 Jeudi 3 Départ 8h45

Carnac, mégalithes, libre visite ou guidée 5€

Vannes petit train à 11h20 (35’ 5€)

14h30 Croisière golfe du Morbihan (3 heures 18.70€)                                           220km                                                                                                            

 

Vendredi 4 Départ 9h

Nantes château des Ducs de Bretagne visite de 1h, 1h30’ ou 2h, 5€ +3€ avec audioguide 4€ guidée

Petit train 6€

14h Machines de l’île, 12.50€

15h20 carrousel

16h30 l’éléphant 7€                                                                                                             200km                                                                                                                              

Ce programme n’a évidemment pas été respecté. La météo, les contraintes imprévues survenues en cours de semaine, les désirs des participants l’ont modifié mais dans l’ensemble, il a été suivi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

APLIUTSuite chez les Bretons.

Du  29 septembre au 5 octobre 2013.

Six semaines déjà que nous nous sommes dit « kenavo ». Les souvenirs s’estompent. Mais des images reviennent.

Une visite en petit train dans Vannes, ses rues étroites, ses maisons à pans de bois, ses remparts, suivie un pique-nique sur le port de plaisance. Est-ce là que nous avons dégusté les dernières miettes des cakes de Nicole ? Je ne sais plus très bien, sauf qu’ils étaient bien bons, j’espère qu’elle ne manquera pas de nous redonner la recette. J’aime ce leitmotiv de nos retrouvailles annuelles.

Puis direction l’embarcadère pour l’excursion en bateau dans le golfe du Morbihan. Sous un ciel brouillé, un petit voilier sur fond d’arc-en-ciel après l’averse. Fermée au sud par la presqu’île de Rhuys, la petite mer, « Mor Bihan », s’ouvre sur l’Atlantique et la baie de Quiberon par un couloir large d’à peine un kilomètre entre Locmariaquer et Port- Navalo. A l’approche de ce passage qui mène à la « Mor Braz », (la grande mer) un je ne sais quoi dans l’air fleure bon le large. Sur le pont, entre deux grains, l’activité photographique s’en donne à coeur joie. Nous ne ferons pas escale sur l’île aux Moines, la plus grande des îles du golfe. C’est aussi la plus boisée, ce qui en fait un petit paradis ornithologique. Elle se visite à pied ou en vélo. C’est un lieu privilégié pour les pêcheurs et les ostréiculteurs. Des eaux du golfe, ils rapportent mulets, rougets et coquillages.

Un mot sur Piriac-sur-Mer, petit bourg cossu aux maisons de granit restaurées, fleuries d’hortensias et de roses trémières. Au détour de ses rues étroites, l’océan en toile de fond. Alphonse Daudet, Emile Zola, Gustave Flaubert, Frédéric Chopin y séjournèrent. En toute grande modestie, Pierre et moi-même, arrivés deux jours à l’avance, avons habité le camping « Les Flots Bleus » au centre ville. Les locataires à l’année nettoyaient leur mobilier de jardin pour le ranger dans leurs mobil homes jusqu’à la saison prochaine. Pas foule en cette fin de saison. Mais dès le week-end, les touristes et les résidents affluent. Facile depuis le centre de se rendre à pied à la Pointe du Castelli. Au pied du sémaphore on rejoint le Sentier des Douaniers, chemin piétonnier qui permettait autrefois à ces derniers de surveiller les côtes et de contrôler d’éventuels fraudeurs. Au total onze kilomètres de côtes surplombant des petites plages de sable clair, criques, rochers recouverts d’algues à marée basse. Aux abords du Castelli l’aplomb des falaises dépasse les dix mètres et les marcheurs sont invités à la plus grande prudence.

Le programme du séjour est dense, comme d’habitude. Le premier jour, nous démarrons en douceur, histoire de se remettre du voyage et de limiter le temps passé sur les routes. Notre point de chute, le matin, est la Maison des Paludiers dans le village de Saillé.

La visite guidée commence par une projection qui nous a permis de visualiser ce paysage unique, entre Loire et Vilaine, que sont les marais salants, mosaïque de formes et de couleurs sous des ciels changeants : gris clair le matin, violet au coucher du soleil. Le fonctionnement d’une saline résulte d’une subtile alchimie entre l’eau salée, le soleil et le vent. La qualité de l’argile aussi. Si la récolte du sel ne dure qu’une quarantaine de jours, les travaux salicoles durent toute l’année. L’hiver et le printemps sont consacrés à la remise en état et l’entretien des bassins et des canaux. C’est le travail et la technique ancestrale du paludier qui conduisent le parcours savamment calculé de l’eau salée à travers l’étier, les vasières, les adernes jusqu’aux œillets et qui donnent ensuite naissance au fameux sel de Guérande. Et ce depuis quinze siècles. Récolté depuis toujours selon une méthode manuelle artisanale, il est réputé pour ses vertus culinaires. La profession compte aujourd’hui entre 280 et 300 paludiers/paludières. Ils récoltent chaque année entre 8000 et 12000 tonnes de gros sel (celui-ci se dépose sur l’argile du marais) et 200 à 300 tonnes de fleur de sel (plus fin, plus blanc et qui flotte à la surface).

Pour rejoindre Nantes, le kilométrage est conséquent.

Le matin, visite commentée en petit train dans les quartiers touristiques, les hôtels des négriers témoignent de la richesse que connut ce premier port de France au XIXème . Un pique-nique dans la cour intérieure du château des Ducs de Bretagne et l’après-midi les Machines de l’île. La Machine est une compagnie de théâtre de rue qui regroupe artistes, techniciens, décorateurs de spectacles autour de la construction d’objets de spectacles atypiques. Installée dans les hangars des anciens chantiers navals, .elle permet aux visiteurs de voir le processus de création et le fonctionnement d’animaux étranges imaginés par François Delarozière et Pierre Orefice. Une cinquantaine d’artisans de différents métiers collaborent aux divers projets. Dans la Galerie des Machines, certains éléments de ce bestiaire de machines vivantes sont présentés sur un mode d’animation théâtrale. Aux commandes, une marionnettiste pour le Héron ou une simple spectatrice pour la Chenille. Cette présentation un peu longue a quelque peu désactivé mon intérêt pour le Carrousel des Mondes Marins et le départ en promenade du Grand Eléphant.

Après la visite des Machines, nous franchissons la Loire pour nous rendre à « La Cigale », pour prendre un pot en terrasse, face au théâtre. L’intérieur est un bijou de l’Art Nouveau : bois dorés et sculptés, céramiques et mosaïques colorées, grands miroirs. Le tout classé monument historique. J’apprécie de voir « pour de vrai » ce lieu où Jacques Demy tourna certaines scènes de « Lola » avec Anouk Aimée.

Nous sommes de retour au VVF à la nuit tombée. A la salle à manger, les plus gourmets ont entamé un plateau de fruits de mer pantagruelique.

De 1862 à la seconde guerre mondiale, Saint-Nazaire a été la tête de ligne de la Compagnie Générale Transatlantique pour l’Amérique Centrale. Ses chantiers navals ont produit entre autres le Normandie et le France . L’Escal’Atlantic retrace l’aventure des grands paquebots qui ont transporté des millions de passagers d’un continent à l’autre. On explore les divers espaces : cabines, ponts-promenade, timonerie, salons, salle à manger. La scénographie interactive s’attache à recréer l’atmosphère à bord. De nombreux objets de collection sont regroupés dans un même espace en fin de parcours. L’Escal’Atlantic se quitte en canot.

Et ceux qui aiment l’odeur du cambouis, de la graisse des machines, les câbles, les torpilles, peuvent enchaîner avec  la visite du sous-marin l’Espadon, à flot dans l’écluse fortifiée.

Ce jour-là, nous déjeunons au soleil sur le toit de la base sous-marine dont certaines des terrasses sont végétalisées. Nous nous amusons à identifier les plantes indiquées. Mais où sont et que sont les orpins ? De retour au VVF, grâce à Claire et sa tablette, la question trouve rapidement sa réponse.

A La Baule, nous essuyons une pluie battante qui nous oblige à chercher un café, une brasserie ou autre pour nous réfugier. C’est finalement une crêperie qui nous accueille : en un tournemain les couverts déjà disposés sur les tables pour le midi sont retirés et thés, cafés, bolées de cidre les remplacent. Un bel exemple d’efficacité commerçante et un grand réconfort pour moi qui suis trempée sous mon K-Way.

Rassérénés, nous prenons la route pour le marais de la Brière, une zone humide faite d’une mosaïque de canaux, plans d’eau, prairies inondables à deux pas de La Baule et de Guérande, encadrée par les estuaires de la Loire et de la Vilaine. Cet environnement contraste avec la côte située à une dizaine de kilomètres. Les pluies d’automne transforment certaines zones en une vaste étendue d’eau où prospèrent une faune et une flore spécifiques.

La pluie ayant cessé, nous pique-niquons à Kerhinet, village entièrement restauré, qui abrite la Maison du Parc. La grande Brière a été classée Parc Naturel Régional de Brière en1970, ceci afin de protéger le site, de permettre un développement garantissant la pérennité du patrimoine et de préserver la biodiversité. Il est propriété indivise des habitants des 21 communes riveraines et il s’étend sur plus de 49 000ha.

La météo n’étant pas propice à une promenade en chaland, le groupe opte pour une virée en calèche. Notre accompagnatrice nous amène à un hameau de plusieurs chaumières basses, à trois ouvertures : porte, fenêtre, lucarne. S’en suivent des explications détaillées sur le travail des artisans chaumiers. La Brière compte près de 3 000 chaumières. Dans le calme rythmé par le bruit des sabots de la jument, nous découvrons une nature singulière qui suffisait presque à tout : jusqu’au début du 20e s., les Briérons exploitaient la tourbe pour leur chauffage et aussi pour la vente, cueillaient les roseaux et les jonc pour recouvrir leurs chaumières, se nourrissaient de la pêche, de la chasse. Au 20e s., ils se tournent vers les chantiers navals de Saint-Nazaire pour leurs moyens de subsistance.

Avant de regagner le VVF, petit détour par La Roche-Bernard, et prise de photo sur le rocher qui surplombe le port de plaisance.

Bevet Breizh ! (A vos dicos).

Monique Fauré.

Nihil Obstat. Imprimatur. Pierre.

 

 

 

 

 

 

La Bretagne

 

 

La Bretagne, d’un point de vue picard, ne jouit pas d’une réputation de beau temps : les crachins réguliers, les ondées surprenantes ne sont pas des atouts pour favoriser le tourisme, particulièrement à l’automne. Les Picards préfèrent un ciel moins capricieux et, n’ayant pas forcément la fibre marine, rechignent à emporter en vacances parapluies, imperméables ou cirés.

Le groupe d’Apliutiens sous la houlette de Jacques a eu de ce fait la témérité d’affronter le climat automnal breton. Il a eu de la chance !!! Il a plu surtout la nuit, il a même tonné, mais tous les pique-niques ont pu se faire sans averse et même par deux fois sous un soleil qui ne plaisantait pas, notamment à St Nazaire et à Vannes où les peaux sensibles aux UV ont plutôt cherché l’ombre ! Une seule phase où il aurait dû ne pas pleuvoir : notre ballade en bateau dans le golfe du Morbihan : les paysages étaient embrumés, à deux reprises les courageux du pont supérieur ont essuyé un grain, mais dans l’ensemble du séjour nous avons eu de la chance. De la chance avec le temps, mais aussi de la chance tout court. En effet, le dimanche de notre arrivée à Piriac l’un d’entre nous avait dû se rendre à l’évidence : son portefeuille, contenant tous ses papiers – et ceux de son épouse – et toutes ses cartes, qu’elles soient bancaires ou vitales, était perdu : les efforts conjugués, la fouille systématique de la voiture avaient abouti à la conclusion qu’il fallait de toute urgence faire opposition sur les moyens de paiement. Une autre collègue, venue par le rail, se rendit compte qu’elle avait laissé dans le train son sac contenant tout ce qu’il peut y avoir dans un « sac de dame » avec bien entendu papiers d’identité, chéquier, carte bancaire et … billet de train pour le retour. Le soir même le portefeuille était retrouvé dans les lieux d’aisance du vvf où nous étions hébergés et le lendemain ce fut le tour du sac à main retrouvé dans les toilettes du train à la gare terminus du Croisic, tout proche. .

Que d’émotions, d’inquiétudes ! Et quelle chance que tout se soit finalement arrangé !. Il en fut de même au dernier jour passé ensemble pour Jacques dont la voiture flambant neuve refusait systématiquement de quitter l’accueillant parking des machines de l’île de Nantes pour cause de batterie récalcitrante, mais qui sous la main experte d’un dépanneur arrivé en toute hâte finit par obtempérer et effectuer le service qu’on est en droit d’attendre d’une batterie à peine âgée d’une dizaine de jours.

La sagesse populaire germanique emploie volontiers dans de telles circonstances le dicton fort concis « Ende gut, alles gut » que l’on pourrait périphraser par « Ne pensons plus aux aléas puisque tout a fini par s’arranger »

 

 

Dès le dimanche soir, jour de notre arrivée, il s’avéra que l’ébauche de programme de Jacques avait recueilli l’immense majorité des suffrages et le lundi matin après un bon petit déjeuner nous partions à la découverte de la spécialité de Guérande : la production de sel dans les marais salants. Cap sur la maison des paludiers à Saillé. Dans un premier temps on découvre à l’aide d’un film fort bien fait le travail des paludiers, un travail qui a commencé dans les années 70 à retrouver ses lettres de noblesse, essentiellement dans la vague de la recherche d’une alimentation naturelle et de bonne qualité gustative. C’est ainsi que de nombreux candidats à ce métier reçurent et reçoivent encore une formation s’étalant sur un an, voire dix huit mois. C’est un métier physiquement éprouvant qui nécessite endurance, force et précision du geste, pour ne pas dégrader la couche d’argile qui retient l’eau de mer provenant des vasières qui après un circuit complexe destiné à faire évaporer l’eau pendant les périodes ensoleillées aboutit dans des œillets où a lieu la récolte du sel. On distingue le sel formé de grains cristallisés (gros sel) et la fleur de sel, récoltée à la surface de l’eau et d’une grande finesse. Pour pouvoir récolter cette fine pellicule de sel à la surface de l’eau le paludier dispose d’un outil spécialement conçu, la lousse, sorte de raclette en alliage fixée à l’extrémité d’une longue perche.

Puis, dans une autre salle qui sert également de salle de conférence,  nous découvrons une maquette de marais salant. Un exposé d’une petite demi-heure, persillé par les diverses questions des uns et des autres nous donne le sentiment de commencer à bien connaître le sujet et dans la boutique  de cette Maison des Paludiers nous engrangeons des souvenirs allant du sachet de sel aux cartes postales en passant par toute une documentation livresque, notamment sur la flore et la faune locales. Bien sûr on y trouve aussi des spécialités de la mer comme les salicornes que dans la baie de Somme nous appelons « passe-pierre ».

 

Après un pique nique au Croisic nous mettons le cap sur Guérande, ses remparts, son abbatiale à l’acoustique extraordinaire (où furent enregistrées de superbes œuvres pour orgue, voire orgue et trompette) ainsi que sa vieille ville médiévale.

 

Dès le lendemain matin, cap sur Pornichet et La Baule où nous accueillons à la gare une collègue qui rejoint notre groupe qui passe ainsi de 19 à 20 personnes et qui ainsi s’étoffe d’année en année. L’après midi sera consacré aux marais de la Brière, à Kerhinet et ses 300 chaumières qui rivalisent de charme .

 

Bien différente fut notre impression devant l’imposant  bâtiment d’Escal’Atlantic, tout de béton armé, devant lequel nous nous regroupons à Saint-Nazaire. Au programme de la matinée : Escal’Atlantic ou l’aventure des paquebots.

Il s’agit en effet dans un premier temps de découvrir l’intérieur des paquebots, les différents types de cabines et leur mobilier, le tout en grandeur réelle, y compris la salle des machines, puis à l’aide d’un film constitué essentiellement de documents d’archives de comprendre l’évolution des voyages en paquebot.  Il est possible et même très probable que nous ayons été influencés par toute la série de documentaires (ainsi que par les œuvres cinématographiques) à l’occasion du centenaire du naufrage du Titanic. Il n’empêche que les reconstitutions dans ce bâtiment à la structure massive en béton armé sont absolument époustouflantes, illustrées à chaque fois par un bref commentaire qui donne succintement les indications utiles. C’est ainsi que l’on parcourt une cabine de première classe, on s’extasie devant la qualité du mobilier, devant l’ingéniosité de l’agencement, et lorsque l’on quitte l’espace douillet des cabines, on est encore plus impressionné par le vacarme, la chaleur et les odeurs de la salle des machines, avant d’aboutir sur le pont d’où l’on distingue dans la pénombre l’étendue des eaux où parfois surgit un signe humain sous la forme d’une lueur ou d’un chalutier, voire une indication de la latitude, un ours polaire quittant un iceberg pour se jeter à l’eau. Avant de quitter le paquebot pour nous rendre dans une salle de projection, on descend par deux escaliers quasi monumentaux dans la salle de bar et de restaurant au luxe discrètement tapageur.

Le film documentaire proposé met en relief la fulgurante progression des traversées de l’Atlantique, motivées essentiellement, dès les premières années du XXième siècle,  par la recherche d’une existence plus confortable sur le sol américain. Au fil des ans, d’anciens émigrants bien installés dans leur nouvelle vie ont servi de modèle pour faire venir en Amérique ceux du vieux continent qui avaient l’espoir d’une vie meilleure.

Dans la période suivant la deuxième guerre mondiale – et ceci jusqu’à nos jours, le paquebot, au lieu d’être pour les passagers un moyen de transport maritime,  devint de plus en plus un navire de croisière,  que ce soit en classe touriste ou en classe de luxe. Le Normandie, construit à St Nazaire et lancé en 1935, symbolise le « luxe flottant ». Le paquebot « France », fleuron de la technologie française, construit également à Saint-Nazaire et lancé en 1961, fut qualifié par les journalistes « d’hôtel de luxe dans une coque d’acier ». Ses dimensions : plus de 300 m de long, 34 m de large, il transporte 2000 passagers (500 en première classe, 1500 en classe touriste) au  service desquels on dénombre plus de mille personnes ! Tout a été fait pour que la traversée Le Havre – New York apparaisse aux passagers comme 5 jours de vacances sur l’océan atlantique.

Mais déjà se dessine la concurrence de l’avion, éminemment plus rapide que le paquebot, dans cette deuxième moitié du XXième siècle que d’aucuns se plaisent à appeler le siècle de la vitesse. L’engouement pour la traversée de l’Atlantique en bateau disparaît peu à peu pour laisser la place à une traversée de quelques heures par la voie des airs. Aujourd’hui, en classe éco, on peut trouver un vol A/R Paris – New York pour 250 €.

 

Quel sera l’avenir des Chantiers Navals de St Nazaire et de tous ceux qui y travaillent ? C’est l’après midi à l’Écomusée, face à l’estuaire de la Loire, que nous pourrons y trouver quelques éléments de réponse. Mais comme disait Rudyard Kipling : « ça, c’est une autre histoire …»

Michel Habert

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Piriac-sur-Mer

         

Piriac-sur-Mer ! Le bout du monde ! Pour l’atteindre, d’après la carte IGN, il faut passer par Guérande et La Turballe, puis prendre une petite route, la D 99, qui se termine en cul-de-sac !  

« Piriac-sur-Mer  (44420), commune de la Loire Atlantique ; 1927 habitants. Station balnéaire ». Voilà comment le Petit Larousse Illustré présente le lieu choisi pour le séjour 2013 des membres de l’APLIUTsuite. Ce n’est pas très séduisant ! Fallait-il accepter la proposition ? Une station balnéaire sur la côte atlantique, au mois d’octobre, c’était un peu risqué ! Nous connaissons bien la région : nous avons des amis qui possèdent une maison secondaire ou qui vivent en permanence dans les environs de Nantes, de Vannes ou de Lorient. Mais finalement  nous avons fait confiance à Nicole et à Jacques… et nous n’avons pas regretté. Tout d’abord, il y a le plaisir de retrouver les amis. (Pour différentes raisons, nous avons été absents, les deux années précédentes !) Il y a aussi le plaisir de faire la connaissance de « petits nouveaux », Michel et son épouse, Josiane et Elisabeth. Et puis le programme de visites choisi  avait de nombreux points forts ! Nous voudrions insister sur ces derniers : dire ce que nous avons appris, ce que nous avons aimé et rappeler les bons moments.

Le premier jour, nous avons retenu la maison des paludiers à Saillé. (Un paludier, dans la région de Guérande, est une personne qui travaille aux marais salants. Dans les autres régions, on emploie le mot « saunier ») La partie la plus intéressante a été l’explication du travail devant une maquette aux dimensions imposantes. Les marais salants s’étendent sur 2 000 hectares et la récolte du sel se fait de juin à septembre. La mer irrigue le marais par un canal, à chaque marée haute. Le paludier, grâce à une trappe, laisse entrer l’eau dans un bassin de décantation, la vasière. L’eau circule alors dans la saline en suivant une légère dénivellation, traverse une série de bassins aménagés pour parvenir enfin dans les œillets, des bassins de 10 mètres sur 7, où le sel va  se cristalliser. Il y a deux sortes de sel : la fleur de sel, qui est un sel de surface (on en récolte de 3 à 5 kg par jour par œillet) et le gros sel ou sel gris, qui se dépose au fond et qu’on remonte grâce à un grand râteau qui s’appelle le las. La récolte est d’abord placée sur le talus puis stockée dans un magasin spécial.

Dans cette première journée, nous avons aimé la promenade de l’après-midi : Le Croisic et son port qui s’étend sur plus d’un kilomètre, avec ses quais bordés de maisons du 17ème siècle, ornées de balcons en fer forgé, et Guérande avec sa ceinture de remparts : 1300 mètres de murailles, percées de quatre portes et protégées par six tours ! L’ensemble est impressionnant ! Erigé principalement au 15ème siècle ! L’entrée se fait par une porte monumentale, la Porte St Michel, qui a un double intérêt :

elle abrite un musée régional dans lequel on peut voir des costumes traditionnels de paludiers et des exemples de meubles peints au sang de bœuf  et elle donne accès à une courte promenade sur le chemin de ronde. A l’intérieur, les ruelles sont très animées : les touristes sont attirés par les nombreuses boutiques de souvenirs et de spécialités bretonnes : grâce à Gaëlle et à Christian, nous avons goûté au « quign aman ».

Pour le deuxième jour, nous retiendrons Kerhinet, l’un des beaux villages du parc régional de Brière. Il est constitué de dix-huit chaumières, très bien entretenues et l’une d’elles présente un intérieur typique de cette région avec ses meubles et ses ustensiles de cuisine. Le parc est immense (c’est le second marais de France après la Camargue : 40 000 ha ! En allant jusqu’à Bréca, nous avons pu choisir le mode de transport qui nous permettrait de mieux apprécier le paysage ; ces canaux et ces plantes aquatiques à perte de vue ! Ce pouvait être la barque, la calèche ou la bicyclette. Nous avons choisi de suivre le chemin de grande randonnée, ce qui nous a permis de voir un superbe troupeau d’une trentaine d’oies et de constater que le terrain est très humide. Josiane qui nous accompagnait a pu en garder le souvenir : ses belles chaussures couvertes de boue !

Dans l’après-midi, nous avons découvert la jolie ville de La Roche Bernard. En venant du parc de Brière, dans un virage de la route qui monte vers le centre de la petite cité, on a pu s’arrêter sur une zone de stationnement et gagner un belvédère rocheux d’où l’on admire un très beau paysage : sur la droite, le pont du Morbihan, ouvert en 1996, à 40 mètres au-dessus de la Vilaine ; devant nous, la vallée de ce fleuve et ses pentes boisées ; et à droite le port de plaisance. Ensuite, nous avons visité la vieille ville : c’est le quartier des artisans. Les maisons des 16ème et 17ème siècles avec leurs porches et leurs tourelles sont très pittoresques.

Le mercredi 2 octobre, nous sommes allés à Saint Nazaire. Le programme était chargé mais de grand intérêt. Nous avions eu déjà l’occasion de nous rendre dans cette ville mais nous ne connaissions pas ce que le programme de Nicole et de Jacques nous a permis de découvrir : la base sous-marine tout d’abord, « souvenir » de la seconde guerre mondiale, construite pour les sous-marins allemands. L’ensemble est gigantesque : quatorze alvéoles protégées par des milliers de tonnes de béton armé ; 300 mètres de long sur125 mètres de large. Il était impossible de détruire cette structure après la guerre. On a imaginé un spectacle à l’intérieur, intitulé « Escal’Atlantic » qui permet aux visiteurs d’imaginer la vie à bord des anciens grands paquebots construits à St Nazaire. Ensuite le sous-marin Espadon ; la visite nous aide à comprendre la vie menée à bord par 65 hommes d’équipage ! Et enfin, l’écomusée qui donne une bonne idée de l’histoire de la ville.

Le soir, avant de dîner, nous avons pu aller à pied jusqu’à la pointe du Castelli. C’est la « côte sauvage » de Piriac-sur-Mer. Le spectacle était très beau : le soleil couchant se reflétait sur la mer et les rochers prenaient une couleur orangée.
Nous avions déjà fait plusieurs séjours dans les villes de Vannes et de Nantes. Les deux dernières journées nous ont permis de revoir des sites majeurs de ces deux villes avec grand plaisir : dans la première la cathédrale dans le haut de la vieille cité et les remparts et dans la seconde, la cathédrale St Pierre et St Paul et l’extérieur du  château des Ducs de Bretagne.

Le samedi matin, nous avons repris la route du Havre, la tête pleine de ces bons moments !

                                                                               Jacqueline et Michel Hiscock

 

 

 

 

 

 

 

 

Une drôle de sortie en mer

Faute de pouvoir prendre part à l’excursion dans le Golfe du Morbihan lors de notre rencontre d’automne en Bretagne, il ne me restait plus, pendant que Gertrude visitait Guérande, qu’à prendre le soleil en buvant une bolée de cidre à la terrasse d’un café et de fermer les yeux pour goûter ce moment délicieux tout en vous accompagnant par la pensée…

Le bateau était à quai, un drôle de bateau, à vrai dire, qui tenait à la fois du trois-mâts et du mini-paquebot ; bizarre ! Soudain le groupe le prit d’assaut. En tête : Jacques, notre capitaine ; normal ! A l’aide de ses seuls bras, voici qu’il grimpe tout en haut du grand-mât aussi vite qu’un singe, la casquette vissée sur le crâne. On le savait sportif pour l’avoir vu courir sur les rochers de la montagne corse, mais là alors ! Tout en scrutant l’état de la mer, il comptait les têtes de son équipage : « un, deux, trois… » « Manquent Gaëlle et Christian ! »  s’écria quelqu’un. « Ils sont restés sur le quai pour acheter des cartes postales destinées aux absents. » « On les retrouvera au retour, comme çà, ils auront tout le temps de faire leur choix » ajouta un autre en plaisantant. Les absents ! Jacqueline, de Falaise, et Huguette, de Marseille pensaient avec nostalgie aux leurs. «  De là-haut, Georges doit bien rire en nous regardant. » Avec « la petite nouvelle » dont j’ai oublié le prénom, elles parlaient de gares, de trains, de sac perdu puis retrouvé tout en regardant l’itinéraire sur la carte.

Et ce fut le signal du départ. Nicole avait sorti son chevalet et tout son matériel de peintre. Elle croquait des visages, des paysages et la mer d’un bleu d’azur comme le ciel. Pierre forait des trous, pas dans la coque, je vous rassure, tout en racontant des histoires de marins en anglais, en espagnol, en allemand. Grisé par l’iode de l’océan, il se mit même à chanter en latin : « Fluctuat nec mergitur » sur l’air des « copains d’abord ». Quel humour ! Monique, de sa voix douce enchaîna avec « l’horizon chimérique » de Fauré, naturellement. Le bateau glissait tout doucement le long des rochers peuplés d’oiseaux de toutes sortes : cormorans, albatros, mouettes… Au moment où il se faufilait dans l’anse de l’Ile aux Moines, un cri retentit à bord : « Une naïade, là-bas sur la plage ; elle nous fait signe. » Et naïade de plonger dans les ondes. Nous étions inquiets de ne pas la voir réapparaître lorsque, quelques minutes plus tard, elle surgit à l’arrière de notre navire ; c’était notre amie Claire de Grenoble, toujours aussi sportive, capable aussi bien de traverser la Manche à la nage que de faire le marathon de New York. Elle avait tout simplement quitté le bateau sans qu’on s’en aperçoive pour faire quelques brasses.

Sur le pont, Francis le jeune mousse passait son Kärcher méticuleusement en traçant des lignes impeccables comme un trésorier dans son livre de comptes. Elisabeth, bien sûr, l’observait d’un œil à la fois exercé et critique, toujours protecteur. De l’autre côté du pont, Michel comparait avec pertinence baie de Somme et Golfe du Morbihan tout en astiquant le bastingage avec de l’huile de coude, comme un connaisseur astiquerait sa Porsche ou sa Jaguar. Il avait appris cela lors de séjours en Allemagne : la perfection ! Quant à sa Louloute, en mathématicienne avertie, elle convertissait en un éclair miles nautiques en kilomètres sans se tromper.

Mais le meilleur arrivait. Marceline 1ère, reine d’Apliutsuite dans son fauteuil à roulettes en véritable rotin du Vietnam poussé par Joseph, le prince consort (de temps en temps), passait sous les vivats de ses amis auxquels elle répondait par un petit signe de la main, le sourire aux lèvres.

Oubliée la Pointe de Bilgroix, on entrait dans la baie de Quiberon. Sur la toile de Nicole, la ligne d’horizon jusqu’alors rectiligne semblait onduler bizarrement ; les vagues se faisaient plus grosses, plus nombreuses. La marée s’annonçait au loin. Sans répit, le bateau roulait, tanguait. Le fauteuil de la Reine Marceline devenait difficile à pousser  quand la proue se dressait, difficile à retenir quand elle plongeait. L’ami Pierre, toujours disponible, accourut proposer ses services–petite courbette avec flexion des genoux—et joindre ses efforts à ceux de Joseph.

Tout en haut de son mât, Jacques, notre capitaine, était secoué dans tous les sens. C’était insupportable. Il se laissa glisser promptement sur le pont du navire. Son visage était aussi blanc que sa chemise. Heureusement, Jacqueline du Havre, notre bonne samaritaine, était là, discrète et efficace, avec sa pharmacie ambulante : cachet, inhalation et trois gouttes de Calvados sur un sucre comme pour le Capitaine Haddock. A côté d’elle, l’archange Michel, avec bienveillance, agitait ses grandes ailes pour apporter un peu d’air frais. Ouf ! La situation était maîtrisée.

Il était temps de regagner le port et ses eaux plus calmes. Porté par la marée montante notre bateau atteignit son but en un rien de temps. « Gertrude ! Gertrude ! » m’écriai-je, « Où es-tu ? » « Je suis là, à côté de toi. » Elle me prit la main ; j’ouvris les yeux : je n’étais pas sur le pont d’un navire mais bien à la terrasse d’un café. Je ne rêvais plus.

Conclusion : le rêve n’est pas plus éloigné de la réalité que la bolée de cidre des lèvres.

Pierre Watiez

Note salée pour le Colonel

C’était pendant l’horreur d’une profonde nuit. Le Colonel devant moi s’est montré. Je me réveillai trempé de sueur et d’angoisse. Dans mon cauchemar, malgré mes objections répétées, il s’obstinait à me faire ingurgiter de la confiture de poulpe au varech. J’eus bien du mal à retrouver ma sérénité pour mon « constitutional » matinal, car longtemps je me suis levé de bonne heure et j’aime regarder sur les quais près du parking, les pêcheurs qui s’affairent à remmailler les filets, parmi les cordages et les balises multicolores, avant de prendre la mer.
Qu’elle était belle et flashy, la Kaptura du Colonel Hungerer, que je découvris ce matin-là sur le parking dans le petit port de Piriac sur Mer, toute luisante et flambant neuve ! On la sentait bichonnée avec amour, choisie après mûre réflexion et minutieusement passée au tuning sophistiqué d’un garagiste de la cité de Stanislas !
Le VVF du Moulin de Praillanne était dur à trouver. On se perdait dans Saint-Sébastien, on prenait la mauvaise route à la chapelle et on errait, pestant en silence et avec distinction, comme nos nouveaux amis les Archer savent si bien le faire, en parcourant pour la énième fois la route côtière qui traverse La Turballe. Pas surprenant que le Colonel ait porté son dévolu sur ce bout du monde pour y abriter ses méfaits !
J’avais aperçu la veille à la Crêperie de la reine Anne, Lord Hitchpool, fraîchement anobli par la reine et Dame Virginia (or is it Mary, Constance or Alice… Monique actually !) et dégustant une galette de sarazin aux Saint-Jacques .  Si Sir Michael était de retour, complice peut-être du Colonel, délaissant un instant sa lucrative affaire d’import-export de café havraise, c’est que, sans nul doute, il se mijotait de noirs complots pour livrer aux Iraniens cet uranium dont ils sont si friands et que seul Hungerer, avec ses airs d’ange blanc insoupçonnable, sait  bien livrer à bon port, en égarant les soupçons.
Avec sa distinction ancestrale et attristée, Sir Michael regrettait la présence et le charme de la volcanique et brune Mireio d’Isola,  percluse dans sa Nice méditerranéenne et celle de la volcanique et blonde Dame de Retz, filant le parfait amour celte avec Dédé Dalle, dit le Minotaure, tandis que les mouettes déploraient à longs cris la diminution des touristes pendant ce bel été indien qui, en fait, était breton.
Mais mon problème immédiat était le suivant : une fois encore ma cible préférée avait-elle choisi un VVF isolé  pour manigancer au calme quelque nouvelle entourloupe et comment l’en empêcher ?
Mère Grand m’avait sermonné : « Cela ne peut durer James ! Un séjour de quelques milliers d’années, voire pour l’éternité biblique Outre-Styx ne pourra qu’être bénéfique à Hungerer et lui apporter la sérénité et la bienveillance qui lui ont fait défaut depuis sa naissance, même si la fidèle Nicole essaie de lui indiquer les voies de l’amour du prochain et aussi celles pour mettre un frein à son onychophagie galopante! Je compte sur votre sérieux : pas de boogie-woogie après minuit chaque soir comme vous en êtes trop coutumier ! ».  J’avais promis à mon Chef d’y veiller en y mettant tout mon cœur et toute mon exécration exacerbée du Colonel.
S’il se dirige vers la Turballe, le promeneur auquel ces horizons sont peu familiers ne peut manquer de voir son attention attirée par le spectacle des salines et des « œillets » qui, en cette morte saison d’octobre, sont multicolores comme une forêt d’automne et accueillent foulques et aigrettes et toute une foule de limicoles de toutes provenances géographiques. Elles respirent cette sérénité qui siérait tant à Hungerer et à ses balades en solitaire si quelque bénévole le poussait maladroitement et bien sûr involontairement dans cette eau saumâtre qui momifierait en quelque sorte sa beauté d’empereur romain ! Cette plaisanterie cruellement bonne ne manquerait pas de réjouir l’âme sensible de Mère Grand, j’en suis persuadé !
M’étant grimé et maquillé, avec mon faux nez et ma fausse calvitie, je m’étais joint au groupe de touristes qui découvraient toutes les subtilités du labeur dans les salins de Guérande ou d’ailleurs, j’avais même posé des questions sur le cours de la tonne de sel blanc à la conférencière très savante et prolixe, comptant bien que le Colonel, piqué par la soif de découvrir, s’intéresserait de plus près à l’exploitation des marais salants, accepterait la proposition d’un guide paludier – spécialement briefé évidemment–  de voir de plus près les beautés insoupçonnées des œillets qui cette fois, ne seraient pas de poète mais de Thanatos…
A mon grand regret, le Colonel ne céda pas aux appels de la culture « in situ » et préféra, comme cela lui arrive, trouver quelque square paisible pour y piqueniquer avec sa meute fidèle de quelque panier- repas champêtre mais néanmoins convivial et arrosé d’un café à la bergamote gentiment proposé par son épouse aussi brune que l’Andalousie.
Pas plus de chance non plus pour mes projets mortifères lors de la visite en bateau du Golfe du Mobihan ! Le capitaine du vaisseau réussit à éviter au dernier moment l’écueil caché vers lequel j’avais détourné son attention pour offrir à Hungerer un naufrage Wagnérien digne du Titanic.
Je fis encore chou blanc à Saint-Nazaire quand la rampe sabotée qui servait de garde-fou oublia de céder sous l’appui du Colonel pour qu’il s’écrasât sur la machinerie restaurée de « l’Ile de France » !
Je n’avais plus le droit d’échouer désormais et  je me dis que Nantes allait enfin m’offrir l’occasion finale et définitive.
J’avais pris du plaisir à découvrir ou redécouvrir tout ces sites de Loire Atlantique qui me manquent tant dans les brumes de Londres et je me mis, ne me sentant plus d’émotion attendrie, à composer des haïkus enthousiastes pour chanter ces moments enivrants. Vous faire partager ces instants où l’âme s’exalte à respirer les embruns iodés du rivage celte est pour moi un honneur et un plaisir :


HAÏKU DE MER

 

En liberté

J’ai retrouvé la mer

Qui  fait danser le soleil

*

 

Sur la plage

Le soleil m’a trouvé

Le monde s’est ouvert

*

 

Étoiles blanches des mouettes

Et sur le récif

Les cormorans ombres chinoises

*

 

Dans un creux de rocher

Les goémons endormis

Et le ciel prisonnier

*

 

Sous mes pas

En douceur

Le sable vit

*

 

Les vagues et l’écume

Paysage sans fin

Fascination

*

 

Du creux des rouleaux

L’onde s’envole

Caresse sur la plage

*

 

Avalant le rocher

L’écume s’élance affamée

Sur le sable

*

 

La brise souffle du large
Le coton des oyats
Frissonne

*

 

Paillettes du danseur

Sur les vagues

Le soleil multiplié

http://www.erzed.blogspot.fr

Mais trêve de sensiblerie et passons aux choses sérieuses, je veux dire aux actes destinés à abréger le séjour dans cette vallée de larmes de l’humanité souffrante, incarnée en la personne d’un personnage maléfique …
La fringale touristique du Colonel l’entraîna vers la capitale de Loire Atlantique où, en plus de savourer un gâteau avec une tasse de thé rare (mais note salée) à la terrasse de « la Cigale », place Graslin, il souhaitait voir les Machines de l’IIe, site digne de Jules Verne, jailli de l’imagination torturée de concepteurs fous.
Il fallait garer les voitures sur l’Île et mon occasion était toute trouvée : bricoler au parking à étages, contigu aux Machines, une explosion qui enverrait Hungerer dans la fatale Forêt des Vices de Dante Alighieri était un jeu d’enfant. La clé de contact déclencherait le détonateur, qui déclencherait le feu d’artifice et voilà ! E finita la commedia !        
L’attente du moment espéré traîne en longueur ; les secondes se font minutes ; les minutes durent des heures ; plus de nouvelles du Colonel. Le destin aurait-il écrit la fin de l’histoire ?
 Je surprends les rumeurs qui parcourent le groupe de fidèles de Hungerer : la Kaptura, dernier rejeton d’avant-garde de la technique automobile française et qui sentait encore le neuf, la Kaptura voiture d’exception pour les meneurs d’hommes du XXIème Siècle refuse de démarrer, comme la dernière des 2CV Citroën ! La honte ! Pas de contact ; traduisez : l’explosion a fait long feu !*

Oh, le goût amer des confitures de mirabelles ironiques, arrivées en livraison expresse, livraison qui sonne comme un glas dans la carrière d’un 007 sur qui s’abattrait le chômage… comme le ciel sur la tête d’Astérix !

*J’ai appris depuis que la batterie de la Kaptura, importée de Chine, s’était déchargée toute seule. Sale coup pour la fierté du Colonel, et la mienne quand je dus m’expliquer devant Mère Grand furieuse !                                                             Joseph Rzemien

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Objets perdus

 

 

Partant du postulat que Monique, Nicole, Joseph, Huguette, Gaëlle, les deux Michel, Jacques et quelques autres participants de bonne volonté vont faire un compte-rendu détaillé de notre séjour Apliutsuite 2013, je me contenterai de vous livrer le fruit de ma réflexion pendant- et après- notre semaine piriacoise.

 

Lors de nos récentes retrouvailles, organisées par notre toujours dévoué Jacques, secondé par notre irremplaçable Nicole, nous avons été trois, peut-être plus, à égarer des documents ou objets précieux dans des lieux de vie inhabituels, d’où, me semble-t-il, la nécessité, en cas d’éloignement de notre domicile, de développer une stratégie pour éviter le pire…

 

Concentrons-nous sur la perte la plus courante, celle de notre porte-documents ou sac à main, contenant nos indispensables chéquiers et cartes bancaires. Dans cette éventualité, quoi de plus simple que de noter le maximum d’informations les concernant et de les conserver sur nous ?

 

A savoir :

 

1.le numéro de téléphone du Centre d’opposition de notre banque, qui figure sur nos documents bancaires et toutes les bornes de retrait de notre agence. En règle générale, il existe un numéro à utiliser depuis la France et un autre depuis l’étranger

 

2.le numéro de notre compte courant bancaire et le numéro des chèques encore vierges qui se trouvent dans le chéquier

 

3.le numéro de notre carte bancaire, sa date d’expiration, mais quand même pas le code !

 

4.le numéro de téléphone et l’adresse postale de notre agence pour confirmer l’opposition faite par téléphone au Centre national

 

5.l’adresse mail de notre conseiller local, voire l’intitulé du site internet de la banque

 

6.de plus, comme il est demandé, lors de la déclaration téléphonique de perte, de confirmer la demande d’opposition par écrit dans les 48h, autant nous munir de l’adresse postale figurant sur le chéquier, d’une enveloppe et aussi d’un timbre, à supposer que l’événement risque de se passe en France !

 

7.ensuite, dans la mesure où les documents cités ci-dessus côtoient en général notre carte d’identité et notre carte Vitale, une photocopie de ces dernières s’impose également

 

8.pour faire bonne mesure, n’oublions pas de prévoir une somme d’argent à ne dépenser sous aucun prétexte (même pas pendant les soldes !), en dehors d’un cas de force majeure, c’est-à-dire exclusivement la perte ou le vol de nos moyens de paiement

 

9.la liste des must ne serait pas exhaustive sans les coordonnées de « proches » susceptibles de nous venir en aide « à distance » pour faciliter notre retour à domicile, si nous étions en difficulté, quand nous voyageons seuls. Et malgré les apparences, cela ne serait pas de l’hameçonnage…

 

10.le tout sera soigneusement rangé dans une pochette peu encombrante, à porter sur soi, et sera réactualisé, si nécessaire, avant chaque nouveau déplacement

 

Avec toutes ces informations immédiatement disponibles, il est possible de faire opposition sans perdre de temps et ainsi de prévenir tout risque de transaction frauduleuse.

 

Last, but not least, il est impératif de ne jamais nous séparer de notre téléphone mobile, qui sera maintenu en parfait état de charge, de façon à pouvoir entrer en contact avec les services qui nous permettront d’éviter les pires désagréments liés à un éventuel usage par un tiers de nos moyens de paiement. Si d’aventure nous égarions ce merveilleux outil de communication qu’est un téléphone mobile, pensons aussi à noter toute information utile pour déclarer sa perte !

 

Histoire de dresser une liste des oublis possibles pendant un voyage, ajoutons l’appareil photo, le billet de train, le permis de conduire, le parapluie, la valise, les clefs de maison et de voiture, les lunettes, la brosse à dents, que sais-je encore, mais que tous ces oublis qui nous guettent ne nous empêchent pas de bouger, bien au contraire, une fois notre checklist vérifiée, nous pourrons partir l’esprit léger.

 

A toutes et à tous, je souhaite une somptueuse arrière-saison, un hiver pas trop rigoureux, un printemps hâtif, un été ensoleillé, une bonne santé, en attendant de nous retrouver dans une de nos belles régions françaises en 2014.

 

Jacqueline THOMAS

 

Une recette de far breton parmi tant d’autres

 

Ingrédients pour 6 personnes :

3 gros œufs

100g de sucre

100g de farine

60g de beurre salé

½ litre de lait entier

1 cuillerée à soupe de rhum

300 à 500g de gros pruneaux dénoyautés moëlleux

 

Recette :

Pré-chauffer le four à 180° (thermostat 6, chaleur traditionnelle)

Disposer les pruneaux régulièrement sur le fond d’un plat.beurré

Battre vigoureusement les œufs avec le sucre, ajouter la farine tamisée, puis le beurre fondu, le lait et le rhum

Quand la pâte est bien lisse, la verser sur les pruneaux

Faire cuire pendant 45 minutes à 180°

Vérifier que la cuisson est suffisante

Déguster tiède ou froid :ce far se conserve plusieurs jours au frais

 

N.B. On peut aussi trouver des recettes de far breton noir ; pour cela, il suffit d’utiliser de la farine de blé… noir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

    Recette du cake aux fruits de Nicole

 

 

 

 Mélanger 175g de beurre ramolli

          avec 125g de sucre semoule

 Ajouter 4 œufs, bien remuer

 Puis 250g de farine avec 1 paquet de levure chimique.

 Mélanger jusqu’à obtention d’une pâte bien lisse.

 

 Faire mariner un peu 200g de raisins secs moelleux dans un peu

de rhum.

Les mettre, égouttés, dans un Tupperware ou un sac plastique

avec 3 autres sortes de fruits confits coupés en petits cubes,

200g chacun,y ajouter 100g de farine , fermer le Tupperware

 et le secouer vigoureusement afin de bien enrober chaque cube

 de farine.

 

Mettre le rhum de la marinade dans la pâte, bien mélanger,

puis ajouter les fruits confits en remuant délicatement.

 

 

Mettre le mélange obtenu dans un moule à cake

Enfourner : 20mn à 220°

puis 40mn à 200°

(Couvrir d’un papier cuisson si le dessus devient

trop bronzé!)

 

Voilà, si souci , au 06 30 57 95 90 , SOS Nicole !

 

Bon appétit !

 

Nicole Kuhnlé

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