Mai 2015 – XXXVIIème Congrès de L’APLIUT

37ème CONGRES de l’APLIUT

 

Compte-Rendu de la Table Ronde bilan

Vers une pérennisation de l’apprentissage

 

La table ronde a été  l’occasion de revenir sur les problématiques de l’apprentissage durable des langues abordées au cours des plénières et des ateliers et d’ouvrir de nouvelles pistes de réflexion.
Intervenants : Jean-François Brouttier (Université du Littoral Côte d’Opale), Véronique Charriau (IUT de Lannion, Université de Rennes), José Manuel Arias Botero (Université de Reims Champagne-Ardennes),  Marie-Annick Mattioli (IUT Paris Descartes)-Présidente de séance : Noëlla Gaigeot (Université du Maine, CRL, Le Mans)
Nos échanges lors de notre 36ème congrès ont été rythmés par deux mots-clés. Nous avons pu mesurer combien les deux notions réussite et échec dans l’enseignement/apprentissage des langues de spécialité sont intimement liées. Nous avons questionné ces deux notions en termes d’interdépendance et d’antonymie. L’échec un passage obligé ? Peut-on le voir comme outil d’apprentissage positif à exploiter ? Nous sommes quelques-uns à le penser et à penser aussi que les expériences qui ne mènent pas à une réussite immédiate permettent cependant de parfaire les compétences en résolution de problèmes, de faciliter l’intégration des anciennes et des nouvelles connaissances et de développer la persévérance.

Nous avons eu lors de nos conférences et de nos ateliers l’an dernier des éléments de réponse : s’il y a passage obligé il n’y a pas antonymie. Si nous avons une responsabilité dans la définition même de ces notions sur les systèmes d’enseignement mis en place, il faut insister sur la nécessité de poursuivre la réflexion avec l’institution dans son ensemble sur ces questions. L’enseignement/apprentissage d’une langue étrangère va bien au-delà des dispositifs d’enseignement. Parler une langue étrangère, c’est aller vers l’autre, c’est s’intéresser au multiculturel, c’est questionner le plurilinguisme et le multilinguisme, c’est avoir l’opportunité d’expérimenter l’international au moins une fois dans sa vie universitaire et/ou professionnelle. La formation tout au long de la vie devrait offrir ces opportunités à chaque étudiant et collègue enseignant et rendre durable tout apprentissage d’une langue étrangère.

Notre 37ème congrès vient de se faire l’écho naturel aux questionnements posés l’an passé. Au cœur de la démarche d’enseignement des langues en LANSAD s’inscrit bien la volonté de rendre leur apprentissage « durable », stable, résistant et résilient (préconisations et publications européennes autour de la formation tout au long de la vie). Le terme de « durabilité », néologisme récent, pourrait ainsi désigner un enseignement pour lequel on cherchera à fournir des ressources et outils en vue d’une pérennisation de l’apprentissage.

Puisque la question de la durabilité est posée, on peut s’interroger sur la ou les représentations présentes chez les étudiants, les enseignants, les enseignants chercheurs, le monde professionnel, les institutions.

Marie-Annick Mattioli nous a livré ses réflexions sur le lien entre « durabilité » et « mobilité ». Elle a mis en évidence l’impact et les retombées de la mobilité sur un enseignement durable des langues, en pointant combien les environnements devenaient poreux lors de la mobilité internationale, tant au niveau des étudiants (dans le cadre de semestres et d’année à l’étranger ou de stages) que des enseignants. L’enseignement/apprentissage s’anticipe, s’interroge, s’intensifie et développe une logique de certification. Les partenariats deviennent pérennes, s’élargissent. L’institution questionne les volumes horaires. Les curseurs bougent. Le profil des apprenants évolue avec une  motivation renforcée et l’interculturel prend toute sa place dans l’enseignement/apprentissage.

Véronique Charriau a quant à elle reposé la notion de « durabilité » dans le contexte des apprentissages informels et de l’EMILE. Quelle sera la plus-value dans un système où les mobilités à l’international sont fragilisées par le système lui-même ? Quels sont les critères permettant de mesurer le « durable » dans une mobilité étudiante ? Se donne-t-on les moyens de suivre des cohortes ? Comment peut-on objectiver cette durabilité ? En questionnant ces différentes entrées liées aux moyens humains et logistiques, nous interrogeant directement la notion de « politique des langues » menée ou non dans les institutions universitaires. La question de la durabilité du système est bel et bien un choix politique qui conditionne les choix pédagogiques in situ. Trop souvent, les collègues enseignants n’investissent pas suffisamment ces zones décisionnelles.

Jean-François Brouttier est revenu sur les environnements d’apprentissage adossés aux nouvelles technologies, sur les environnements d’apprentissage convoquant l’autonomisation de l’étudiant et leurs rôles dans une perspective d’apprentissage durable. Quel rôle doit-on leur donner ? Lesquels choisir, dans quelle visée écologique nous posons-nous ? Vient naturellement ensuite un point émergeant actuellement via l’utilisation des réseaux sociaux celui de la sécurisation de l’apprentissage pour nos étudiants. S’il y a nouveaux environnements d’apprentissage, on peut penser qu’il y a nouvelles approches pédagogiques dans de nouveaux lieux tels les centres de ressources en langues. Pouvons-nous envisager alors que ces nouveaux lieux d’enseignement/apprentissage puissent être des lieux fédérateurs, générateurs de pratiques pédagogiques durables, des interfaces d’échanges sur les dispositifs envisagés dans l’institution. Si la notion de « durabilité » fait évoluer les modalités d’enseignement, elle peut sans conteste ouvrir des possibles.

José Manuel Arias Botero a interrogé le plurilinguisme en tant que force d’apprentissage « durable » favorisant l’apprendre à apprendre. Plurilinguisme et non multilinguisme. Il s’agit bien de coexistence de plusieurs langues dans un milieu social qui amène les étudiants à construire des stratégies durables d’interaction, qui les force à se débarrasser du carcan du locuteur idéal. On interroge ici l’apprentissage tout au long de vie qui devrait favoriser la mobilité des étudiants aussi bien que des enseignants.

Ces courtes présentations on été suivies d’un échange avec la salle sur les pratiques dans les IUT.

Le thème « Je en-jeu(x) » s’avère déjà passionnant et questionnera –n’en doutons-pas- le durable comme enjeu de l’enseignement/apprentissage dans l’enseignement supérieur.

Noëlla Gaigeot

Membre CS congrès Apliut 2015 Saint Omer

 

 

 

Programme du Congrès

 

L’équipe organisatrice de l’IUT de Saint-Omer en compagnie de Cathie-Anne Schneider, présidente de l’APLIUT

 

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A l’écoute de conférenciers de qualité

Le Travail dans les ateliers

Le Salon des Editeurs et la Remise des Prix des Editeurs

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L’Assemblée Générale

La Fête

 

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