41ème Congrès de l’APLIUT: Epinal à l’heure des Neurosciences et de la didactique des langues

SWAP-SHOPS DU CONGRES

Vous pouvez dorénavant accéder aux documents présentés par différents collègues dans le cadre des Swap Shops en cliquant sur le lien suivant et en entrant le code d’accès donné lors du Congrès.

UN CONGRES PASSIONNANT

Le 41ème Congrès de l’APLIUT vient de se terminer après deux journées de travaux de grande qualité sur le thème des Neurosciences et l’Apprentisssage / l’Enseignement des Langues.

Des journées ponctuées de conférences et ateliers mettant en avant la nécessité de prendre conscience de l’impact des neurosciences sur la pratique pédagogique. Jean-Luc Berthier, dans sa conférence sur « Sciences cognitives et évolution de l’apprentissage » a rappelé que « notre cerveau est fait pour apprendre », notre « plasticité cérébrale » nous permettant de nous adapter, l’apprentissage étant « l’optimisation des arborescences des neurones ».

Jean-Claude Berthier: « notre cerveau est fait pour apprendre »

Le fait d’apprendre génère une transformation continuelle de notre cerveau, la fonction « prédictive » du cerveau donnant la clé pour un apprentissage « en se questionnant », en « répondant à des hypothèses ». Il y a donc une mémorisation active lorsque l’on se questionne en apprenant, et donc la pédagogie doit être fondée sur la base d’une « implication active de l’apprenant ». Rappelant les différents systèmes de mémoire impliquant la necéssité de connaitre leur fonctionnement en complémentarité, Jean-Luc Berthier a pu énoncer une règle essentielle en pédagogie : « on ne peut pas savoir sans comprendre ni comprendre sans savoir ». L’un des premiers principes de la cognition est que la mémoire est conçue pour oublier, « l’oubli étant un phénomène naturel ». Il faut donc instaurer une « stratégie de la mémorisation dans l’apprentissage » et donc mettre le focus sur le plus essentiel, à savoir « qu’est-ce qu’apprendre et quoi apprendre? », tout en étant conscient qu’un apprentissage prend du temps dans son processus de mémorisation et de compréhension. Jean-Luc Berthier a aussi pu faire référence aux travaux publiés sur le site sciences-cognitives.fr, ainsi qu’au programme ANKI favorisant le travail sur la mémorisation.

une partie de l’assemblée à l’écoute du conférencier

Dans son atelier sur le Parcours Professionnel et Culturel, Marion Warzagier a présenté le dispositif d’enseignement-apprentissage mis en place à l’IUT de Grenoble s’appuyant sur les avancées mais aussi les limites de la « neuropédagogie » Il s’agit dans le dispositif mis en place de « conjuguer études et plaisir, se sortir de sa bulle de confort, se différencier », en utilisant des compétences mettant en jeu la transversalité au travers de l’autonomie, la prise d’initiative et le travail en collaboration .

Concretement donc, chaque étudiant effectue en autonomie des actions choisies dans une liste large et évolutive, et il rend, en fin de période, un livret avec les résumés et analyses de sa pratique.

Vous trouverez ci-dessous le powerpoint de présentation du dispositif:

Autre moment fort des journées de travail: la conférence de Mr Jean-Paul Narcy-Combes sur le thème de la « prise en compte du cognitif, le psychologique et le social dans les dispositifs d’apprentissage des langues »

Jean-Paul Narcy-Combes: « apprendre c’est agir et agir c’est apprendre »

Partant du postulat que « l’on ne peut pas enseigner une langue sans enseigner un contenu » , Jean Paul Narcy-Combes a mis en avant que si les mécanismes neuronaux sont les mêmes pour tous, « la façon dont ces processus et ces mécanismes se déroulent est déterminée par notre fond génétique propre et notre expérience de la vie », ( LeDoux, 2003). Tout notre système perceptif est conditionné, et il faut donc toujours prendre de la distance par rapport à nos perceptions. Les émotions jouent pour chacun un rôle essentiel en « facilitant ou en bloquant notre plasticité cérébrale ». L’attention est donc par nature limitée en durée et aussi sensible aux émotions. Une chose est certaine, selon le conférencier « les élèves doivent être impliqués dans une tâche pour progresser et pour qu’il y ait motivation, il faut qu’il y ait un motif, à savoir l’envie d’apprendre ». C’est donc cette envie qu’il faut développer pour générer de l’implication de la part de l’apprenant. Ce dernier « ne comprend les bénéfices d’une activité d’apprentissage que lorsqu’il l’a réussie ». Dans sa pédagogie l’enseignant doit se questionner sur « la tâche sociale que l’on va confier aux apprenants pour qu’ils puissent utiliser une structure ou une connaissance particulière » étant donné que « apprendre c’est agir et agir c’est apprendre ».

Deux autres conférences étaient au programme du Congrès:

Matthieu Constant a pu présenter ses travaux sur le traitement automatique des langues, associant la technologie informatique à la linguistique pour déboucher sur le développement de l’Intelligence Artificielle et l’utilisation des traducteurs ou l’analyse automatique de textes. Pour mettre en place ces programmes et algorithmes une réflexion sur la linguistique permettant de comprendre les mécanismes de la langue pour construire le sens, au travers d’analyse morphologique, phonologique etc…est nécessaire.

Enfin, pour Henri Le Prieult, le challenge porte sur la réalisation d’une grammaire anglaise en utilisant l’écran ou tout terminal nomade comme support. Dans sa présentation Henri Le Prieult a pu mettre en avant  » les usages que l’on souhaite rencontrer ou encourager et les parcours d’apprentissage proposés en conséquence ».

Le Congrès a aussi été marqué par la présentation en ateliers d’expériences pédagogiques comme par exemple « l’effet de l’exemple montré » ou  » effet du problème résolu », visant à mettre en pratique la théorie de la charge cognitive au service du Lansad. Cet atelier, présenté par Linda Terrier, Université de Toulouse Jean-Jaures, a été, comme l’ensemble des interventions, suivi par une audience nombreuse et attentive, posant des questions et échangeant avec le conférencier(e).

lors de l’atelier présenté par Linda Terrier

Les congressistes ont eu le plaisir d’être accueilli à la mairie d’Epinal par Mr Patrick Nardin et Mme Elizabeth Del Genini, respectivement premier et deuxième adjoint au maire. Dans son discours d’accueil, Mr Nardin a mis en avant la nécessité pour les étudiants de parler au moins une langue étrangère pour mieux intégrer le monde professionnel. « Une langue c’est une culture et des traditions, c’est aussi une manière de penser ». Apprendre une langue « c’est donc une ouverture sur autrui, concrétisée entre autres par le succès des programmes d’études comme Erasmus Plus »

Réception à la mairie

GALERIE PHOTO DU CONGRES D’EPINAL 2019

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UN GRAND MERCI AUX ORGANISATEURS DU CONGRES

Tout cela n’aurait pas été possible sans le talent et la gentillesse des organisatrices et organisateurs du Congrès, sous la houlette de Corine LANDURE de l’IUT d’Epinal. Un grand bravo à tous et à l’année prochaine à SCHILTINGHEIM

A VOS AGENDAS:

LE 42ème Congrès de l’APLIUT se déroulera à l’IUT de Schiltingheim les 4, 5 et 6 Juin 2021 sur le thème des PEDAGOGIES INNOVANTES